Isolation phonique à Toulouse et dans son agglomération

L'agglomération toulousaine réunit trois nuisances rarement présentes ensemble : le survol des avions à l'ouest, un périphérique saturé qui ceinture la ville, et un parc de logements collectifs très étendu où le bruit de voisinage arrive en tête des motifs de travaux. Répondre à cela ne consiste pas à empiler de l'isolant. L'acoustique se traite par la masse, par l'amortissement et par la rupture des liaisons rigides, trois leviers indépendants de la performance thermique.

Survol de Blagnac et isolement de façade

Les communes situées sous les trajectoires de Toulouse-Blagnac, Blagnac, Cornebarrieu, Beauzelle, Colomiers et les quartiers ouest de Toulouse, relèvent d'un plan d'exposition au bruit et d'un plan de gêne sonore. Ce dernier ouvre droit à une aide à l'insonorisation des logements riverains, financée par la taxe sur les nuisances sonores aériennes. Les travaux éligibles portent sur les menuiseries, les coffres de volets, les entrées d'air et parfois les combles, ce qui recoupe exactement les points faibles acoustiques d'une façade.

Un double vitrage courant 4/16/4 plafonne autour de 30 dB. Un vitrage asymétrique 10/12/4 ou un feuilleté acoustique 44.2 monte à 38 ou 40 dB. Le bruit d'avion, comme le bruit de moteur au sol, contient beaucoup d'énergie en basses et moyennes fréquences : le châssis ne suffit pas si le coffre de volet roulant reste nu, si les entrées d'air ne sont pas des modèles acoustiques à chicane, ou si le calfeutrement périphérique est négligé.

Le périphérique et la lecture des indices

Le long de l'A620, de l'A621, de l'A61 vers Castanet-Tolosan et de l'A64 vers Muret, la contrainte change de nature. Le trafic routier est dominé par les basses fréquences, décrites par le terme d'adaptation Ctr. Une paroi annoncée à Rw 45 dB peut ne valoir que 37 dB en Rw + Ctr, tandis que Rw + C, adapté aux bruits intérieurs comme la voix ou le téléviseur, resterait proche de 43 dB. Comparer deux produits sans regarder ces deux termes conduit régulièrement à des déceptions.

Sur ouvrage fini, les grandeurs contractuelles sont différentes : DnT,A pour les bruits aériens entre locaux, DnT,A,tr pour les bruits extérieurs, L'nT,w pour les bruits de choc, valeur qui doit rester basse. Le coefficient d'absorption αw d'un revêtement, entre 0 et 1, ne concerne que la réverbération de la pièce et ne modifie pas ce qu'entend le voisin.

Séparatifs entre logements

Ce que dit la loi de masse

Passer du simple au double sur le poids au mètre carré d'une paroi rapporte environ 6 dB. Les murs de refend en brique foraine des maisons toulousaines et les voiles béton des immeubles des années soixante sont déjà lourds : l'amélioration ne viendra pas d'un surcroît de masse seul, mais de la mise en place d'un second parement découplé.

Le système masse-ressort-masse

Une contre-cloison désolidarisée sur ossature métallique, montée sur appuis souples et bande résiliente, garnie de laine minérale semi-rigide de 45 mm au minimum jamais comprimée, apporte couramment 15 à 20 dB sur un mur existant. Plus la lame d'air est épaisse, plus la fréquence de résonance du système descend et plus le gain démarre bas dans le spectre. Le montage perd tout son intérêt dès qu'une vis, un point de colle ou une plinthe crée un pont rigide vers le mur support. Les boîtiers électriques se décalent d'au moins quarante centimètres et se posent étanches à l'air. En cloison neuve, une ossature de 48 ou 70 mm avec double parement sur chaque face et joints décalés atteint 45 à 55 dB.

Planchers et bruits de choc en collectif

Le bruit de pas se règle depuis le logement du dessus. La chape flottante sur sous-couche résiliente, mousse polyéthylène, laine de roche haute densité ou liège, procure un ΔLw de 18 à 25 dB. La dalle ne touche ni les murs, ni les canalisations, ni les fourreaux : la bande périphérique de désolidarisation remonte au-dessus du niveau fini et n'est arasée qu'après pose du revêtement. Dans les échoppes et les immeubles anciens du centre, où le plancher est en solivage bois, il faut associer un lestage entre solives, un platelage flottant sur plots résilients et un plafond sur suspentes antivibratiles avec laine en plénum. Le remplacement d'un parquet collé par un parquet flottant sur sous-couche apporte quelques décibels seulement, souvent insuffisant en copropriété.

Contournements et réseaux

Un séparatif traité mais contourné ne donne rien. Les transmissions latérales empruntent la dalle continue, la façade filante, le faux plafond commun à deux pièces, les gaines techniques verticales et les conduits de ventilation. Dans les grands ensembles de Toulouse comme dans les résidences récentes de Balma ou de Ramonville-Saint-Agne, la VMC collective et les trémies constituent des chemins directs, y compris pour les bruits d'équipement. Le repérage préalable de ces chemins évite de payer une contre-cloison qui ne changera rien, faute d'avoir traité la jonction voisine.

Exigences réglementaires

En logement neuf, la nouvelle réglementation acoustique issue de l'arrêté du 30 juin 1999 fixe 53 dB de DnT,A entre logements, 58 dB depuis une circulation commune avec porte palière, et un L'nT,w plafonné à 58 dB. L'isolement de façade minimal est de 30 dB en DnT,A,tr, valeur relevée selon le classement sonore des infrastructures arrêté en Haute-Garonne pour les autoroutes, le périphérique, les voies ferrées et les lignes de transport en commun. Les opérations de plus de dix logements sont soumises à une attestation acoustique de fin de chantier appuyée sur mesures. En rénovation, ces seuils ne s'imposent pas mais servent de référence contractuelle.

Ordres de prix dans l'agglomération

Une contre-cloison acoustique désolidarisée se situe entre 60 et 100 euros du mètre carré posé, une cloison séparative à double ossature de 90 à 140 euros. Une chape flottante sur sous-couche résiliente revient de 45 à 80 euros selon l'épaisseur et le ΔLw visé, un plafond suspendu antivibratile de 55 à 90 euros. Une fenêtre à vitrage feuilleté acoustique se chiffre de 700 à 1 400 euros par baie, montant partiellement pris en charge pour les logements inscrits au plan de gêne sonore de Blagnac.

Sélection d'entreprises pour l'isolation phonique de l'agglomération toulousaine

Alliance Isolation, à L'Union, pratique le soufflage et l'injection, notamment en combles et en rénovation énergétique. L'injection permet de remplir une lame d'air fermée, opération décisive en acoustique : une cavité vide résonne, la même cavité garnie de fibre amortit et fait gagner plusieurs décibels sur un doublage existant.

TEF Isolation, à Saint-Orens-de-Gameville, traite les combles, les planchers, les vides sanitaires et l'isolation par l'intérieur. La combinaison sous-face de plancher et doublage intérieur correspond aux deux interventions qui pèsent le plus sur le bruit reçu d'un logement voisin, aérien pour l'un, de choc pour l'autre.

Dauphine Isolation 31, implantée à Montrabé, travaille sur logements collectifs et bâtiments tertiaires avec des lots dédiés à l'isolation et à l'étanchéité. C'est sur ce type d'opérations que se jouent les objectifs de DnT,A et l'attestation acoustique de fin de chantier, où la qualité des jonctions et des traversées compte autant que les produits posés.

Zones couvertes

Les interventions couvrent Toulouse, Blagnac, Colomiers, Muret, Tournefeuille, Cugnaux, Plaisance-du-Touch, Balma, Ramonville-Saint-Agne, Castanet-Tolosan, Portet-sur-Garonne et les communes voisines de la Haute-Garonne.